Le mannequin

17.
« Le mannequin tatare leva les paupières. Elle était entièrement vêtue de bleu, qui mettait en valeur ses yeux, sa peau ivoire, et sa blondeur de moisson. Les formes féminines étaient à peine esquissées sur cette chair d’une minceur irrémédiable. Ces traits presque androgynes étaient contredits par la féminité hyper-réelle du visage. Elle était d’une taille et d’une corpulence réduite pour la fille d’une grande femme et d’un homme trapu, massif. Elle était assez petite pour un mannequin, même pas le mètre soixante-dix, mais ses proportions étaient idéales pour les magazines, et le choc des confins, visible sur ses traits, lui conférait une mélancolie très majestueuse sur papier glacé. »

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