Renegade Boxing Club

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6.

« C’était une cave disposée en longueur, où régnait une odeur insistante d’humidité et de sueur, au sol de ciment craquelé de longues fissures sinueuses couleur rose sale sous les quatre ampoules nues qui l’éclairaient. On y accédait par une volée de marches en bois usées par les semelles. Le plafond n’était qu’à une dizaine de centimètres de la tête du Français. Cinq sacs de frappe étaient installés en enfilade jusqu’au fond de la pièce où s’ouvraient deux volets en bois donnant sur un débarras au désordre apocalyptique. La cave était séparée en deux par une suite de colonnes carrées en béton au sommet desquels couraient les tuyaux de chauffage à partir de la chaudière. Sur ce côté de la pièce se trouvait un banc de musculation, des poids et haltères rouillés près d’un entassement de sacs de sport, de tee-shirts et sweat-shirts sales, un vélo en pièces détachées, des tapis de sols poussiéreux… Un peu plus loin, une poire de frappe était fixée au plafond bas, là où traînaient plusieurs cartons pleins de gants de boxe, casques de protection, coquilles. Au fond, près du robinet d’eau et du seau crachoir, le chrono marquant les rounds trônait au-dessus d’une sono et de deux haut-parleurs énormes.boxing030207nj-0021 Un peu à gauche de la radio, deux montants métalliques supportaient plusieurs paires de bandages de protection des mains décolorés, durcis par la crasse et l’usage. Un peu en-deça d’un long miroir piqué collé au mur à environ un mètre des sacs, une plaque encadrée annonçait : Renegade Boxing Club, certified by the New Jersey Amateur Boxing Association. La cave, l’antre des rêves et des démons ». (photos © Sriantha Walpola)

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